Pourquoi vous votez pour lui ? Euh…je ne sais pas

Réponse à une vidéo (pas importante de la mettre ici car les réactions sont courantes) où l’on pose des questions sur les raisons qui pousseraient des personnes à voter pour Eduard Philippe s’il se présentait aux élections Présidentielles de 2027. Les gens interviews ne savent pas donc, pour certains, ils ne devraient pas avoir le droit de voter, ou quelque chose dans ce goût-là.

Je pense que c’est un mécanisme – dont je ne connais pas le nom – afin d’alléger la mémoire. Il se passe des évènements à des temps donnés, au moment où les évènements arrivent on voit l’information et on en tire une conclusion. Ensuite on garde l’impression de la conclusion sans en garder ce qui a donné cette impression.

On se retrouve donc plus tard avec seulement l’impression sans pouvoir expliquer tous les évènements consécutifs qui l’ont construite. Ca se passe également pour les choses négatives. Si vous n’aimez pas Macron, vous allez pouvoir sans doute donner, disons 5 ou 6 raisons, alors que l’impression qui a constitué votre désamour s’est construite sans doute sur 15 ou 20 raisons dont vous avez oublié la plupart.

Le cerveau le garde pas tout en mémoire et heureusement. Ca n’a pas d’intérêt puisque nous sommes pas censé devoir répondre de nos impressions. Mais ne pas savoir y répondre ne délégitimise pas les conclusions successives qui l’ont constituée. Je ne suis pas du tout pour Eduard Philippe… mais je pense que si l’on a suffisamment de bonnes raisons pour décrédibiliser un camp, nous n’avons alors pas besoin d’inventer des raisons qui ne sont pas bonnes à mon sens, à moins que nous avons nous-même oublié les raisons qui constituent notre position…

Barrière d’impuissance et effondrement

C’est un phénomène dont je n’ai jamais vraiment entendu parler. Je ne sais pas d’où il vient et, bien que cela m’arrive fréquemment, je n’en prends conscience véritablement que récemment en pensant qu’il peut changer.

Dans certaines situations d’action, je fais face à une sorte de barrière et, si j’essaie de la franchir, mon énergie va baisser rapidement, parfois très rapidement, c’est ce que j’appelle l’effondrement, car je vais véritablement m’effondrer, m’affaisser.

Ce phénomène est très étrange et j’ai du mal à le relier à un vécu spécifique. Je peux néanmoins noter les moments où ça m’arriverait et où ça pourrait m’arriver (car la barrière m’empêche d’aller là où ça pourrait m’arriver justement) afin de trouver peut-être un point commun entre tous ces moments.

Je crois que je vis dans un enfermement de vie à cause de ces barrières. Les troubles de l’attention pourraient être, chez moi, le fruit de cet enfermement, sans que j’en sois sûr pour autant.

Quelques cas de figures qui me viennent en tête :

– La discussion sur un forum : j’étais sur un forum (K) et je lisais une conversation. C’était des personnes qui intervenaient pour parler de leur désaccord suite à une image. Je n’arrivais pas à accéder à ce qu’ils se disaient, c’était comme flou. J’avais l’impression de ne pas comprendre les subtilités des conversations, tout était flou. Je n’ai pas eu d’effondrement, mais j’avais bien une barrière, et l’effondrement aurait été là si j’avais essayé de comprendre. C’est pour ça que je n’essaie pas. J’étais donc comme d’accord avec tout le monde.

– Le rangement : j’ai des problèmes de rangement depuis toujours, non pas que ce soit le gros bordel chez moi (quoique), mais plutôt que je ne peux pas ranger ce qui est à ranger. Je n’arrive pas à trouver d’endroit où mettre ce surplus, donc je le laisse dans un coin avec le reste des choses et objets dont je ne sais pas quoi faire. Je sais que si j’essaie de ranger, je vais éprouver cet effondrement, alors je ne le fais pas. Une fois, Gwenn était venue pour ranger (y’a longtemps) et ce qui l’avait choquée c’est que je me retrouvais cloué sur mon canapé, incapable d’agir, de bouger. C’était comme si l’on me torturait, ça semblait douloureux pour moi : je me vidais de mon énergie.

– Les envies à mettre en œuvre : si je pense par exemple à créer une chaine pour parler d’agoraphobie, vu que je connais bien la question, je vais voir mon énergie s’effondrer quand je m’imagine le faire. Donc ça va me couper l’envie directement. Si jamais j’essaie de passer outre, je ne vais plus avoir accès à l’envie de créer, ça va me couper et parfois brutalement.

J’en aurais sans doute d’autres des exemples. Quand je pense au fait que je faisais des crises d’angoisse quand j’essayais de modifier les images que Gwenn avaient créé, pour mon site Internet, on peut supposer que le blocage était costaud.

L’image qui me vient en tête pour savoir d’où ça pourrait venir est une image où je me retrouve, à l’école, seul face à ma feuille à devoir remplir, alors que je ne comprends pas bien la question et ce que la maitresse attend de moi, car derrière une question il y a tout un tas de sous-entendus auxquels je n’avais pas accès.

Je pense que face à cette sensation d’isolement et de déception à venir, j’ai dû apprendre à me couper de tout ce qui allait m’arriver afin de me protéger et que cette coupure est resté comme une habitude face à des situations où je pourrais avoir une performance à produire dans le sens large.

Transpiration excessive

Commentaire publié sous cette vidéo et dans le groupe agoraphobie

Bonjour,

Je me retrouve beaucoup dans le témoignages de la dame et ses exemples comme le fait de tremper le livre par sa transpiration et le fait de réagir à la chaleur. Je transpire (ou transpirais) énormément depuis mon enfance. Je me souviens que la première fois où ça a été évoqué, j’étais en école primaire, je devais avoir 8 ans environ et je venais de jouer au foot avec mes amis pendant la récréation. Je transpirais tellement en classe que je mouillais les feuilles que la maitresse m’avait données. Elle m’avait accusé d’être passé me mouiller les cheveux et heureusement, un copain avec qui j’étais monté a pu lui jurer que j’étais monté avec lui, donc que je ne m’étais pas mouillé les cheveux.

Là où les problèmes de fatigue et d’odeur commencent…

Vers l’âge de 27 ans, j’avais dû retourner chez mes parents et c’est là que j’ai été pris d’une grande fatigue. J’étais toujours plus ou moins fatigué mais là c’était bien pire que d’habitude. En fait, je faisais de l’hypothyroïdie. J’ai pris un médicament et ça a rendu l’odeur de ma transpiration très mauvaise (odeur très acide) sans que je sache si ça venait ou pas du médicament (pour moi non) ce qui ajoutait encore plus au handicap que j’avais déjà de transpiration excessive.
C’est un peu par hasard que j’ai vu des améliorations très impressionnantes plus de 10 ans plus tard. J’ai eu à travailler sur mes émotions et mes traumatismes d’enfance (et Dieu sait qu’il y avait de quoi faire !). C’est là que je me suis rendu compte que je ne transpirais pas tout le temps, mais à des moments précis : quand il y a des moments de chaleur, comme elle dit dans le reportage, mais aussi dans des situations précises de malaises, des situations sociales.

Une révélation grâce à un psychologue lors d’une séance d’hypnose

Donc partant de là je voyais que j’avais une réaction à la chaleur amplificatrice (qui pouvait agir en cercle vicieux) et une réaction de chaleur à certaines situations sociales. Encore une fois, j’ai presque été amené là par hasard. J’étais allé voir une psychologue pour m’aider à traverser les traumatismes qui étaient remontés à la surface (levée d’amnésie traumatique pour ceux que ça intéresse). La psychologue pratiquait l’hypnose et elle a eu l’excellente idée de me mettre une petite bouillote au niveau du torse pendant une séance d’hypnose et me demander ce que ça me faisait. En fait, je ressentais un rejet d’abord, mais après j’ai ressenti une attirance, c’était bizarre. Puis je lui disais « Ah mais en fait derrière l’inconfort c’est agréable ! ». Et j’ai pas mal pleuré ce qui était courant car je travaillais sur mes traumatismes (un peu malgré moi) depuis plusieurs mois.

Que s’est-il passé durant cette séance ?

Alors, comme la bouillote j’ai compris que j’avais un rapport ambivalent avec la chaleur, à la fois de besoin, mais aussi de rejet. Sauf que moi je n’accédais jamais normalement au réconfort de la chaleur puisque je la rejetais de prime abord. Mais la chaleur c’est quoi ? Pour moi, c’était social, comme je l’ai dit plus haut, mais c’est aussi le contact avec ma mère que je n’avais pas vraiment eu, ou qui était tout sauf affectif : il y avait donc ce rapport besoin/rejet, qui est bien expliqué par Bowlby dans sa théorie de l’attachement.

Donc ce que je savais c’est que j’avais ce rapport avec la chaleur. J’avais passé ma vie à la rejeter et à l’éviter et, comme tout ce que j’avais rejeté et évité dans ma vie (notamment des situations sociales etc.) cette réaction avait agit en cercle vicieux et en amplificateur : ça n’avait fait qu’augmenter la malaise donc augmenter la chaleur et la transpiration. En plus d’être traumatique, en plus d’être en lien direct avec la petite enfance et sans doute des situations sociales qui ont suivi, c’était aussi comportemental, c’est pourquoi je transpirais plus dans des moments sociaux que seul (hormis le rejet « primaire » de la chaleur seule).

Comment faire alors ?

Eh bien j’avais remarqué que le fait d’éviter ne fonctionnait pas. Donc je devais changer mon comportement par rapport à la chaleur et l’accepter. C’est quoi accepter la chaleur alors ? C’est accepter les situations qui engendrent la chaleur et accepter la chaleur elle-même au niveau du corps. Ici, il s’agissait de ne pas éviter et de laisser le temps à la chaleur de sortir du corps, de faire comme je faisais pour les émotions en général : de m’arrêter, de laisser le phénomène s’amplifier, arriver à son paroxysme, puis redescendre et voir ce que ça engendre comme émotions et comme image. Derrière tout ça, il y a des moments de vie où le même malaise a été ressenti et c’est avec lui que j’entre en contact par cet accueil. Pas besoin de savoir de quoi il s’agit, juste laisser le corps évacuer chaleur, transpiration, émotions, larmes…
Quelque part, je me dis, peut-être à tort, que la transpiration c’est comme si le corps pleurait les larmes que je n’ai su aller chercher. Ce n’est peut-être qu’une interprétation de ma part. En soi, ça ne change pas grand chose.

Alors c’est aussi ne pas couper une vidéo parce que les propos me rendent mal à l’aise, ne pas fuir une situation sociale parce que je sens que je serais mal à l’aise (donc que j’aurais chaud) etc. Evidemment, si on fuit ces situations c’est que c’est très dur à vivre et il ne suffit pas de dire « Ne pas fuir » pour que soudainement on arrive là où l’on a échoué toute sa vie, tout comme dire « Il faut accepter les sensations » et comme par magie ça fonctionne. C’est très dur, mais au moins on sait que c’est le chemin et chaque fois qu’on y va un peu plus on progresse.

Au début quand j’ai fait ça, ça a été miraculeux car j’ai eu une période où je n’ai plus transpiré pendant plusieurs jours, peut-être 3 semaines ou plus alors qu’on était au mois de juin ou juillet (2023). C’était miraculeux ! Non seulement je ne transpirais quasiment plus (un peu, mais sans doute en dessous de la moyenne, notamment quand je faisais du vélo de façon assez intense en pleine journée), mais en plus je ne sentais plus rien niveau odeur : j’étais trop heureux !

En plus de ça, je n’avais plus de bouffée de chaleur. Quand ma copine disait qu’elle avait chaud et qu’il faisait objectivement chaud, la chaleur ne me gênait pas. Mon corps régulait très bien la chaleur sans me faire sentir ce travail qui doit demander des ressources assez importantes je suppose. En fait, plus j’apprenais à réguler mes émotions, plus j’apprenais également à réguler ces bouffées de chaleur. J’ai eu à faire à des situations sociales assez exceptionnelles pour une personne présentant de la phobie sociale comme moi, mais aussi pour une personne qui n’en présente pas, des moments de stress intense, et pourtant je ne sentais quasiment rien voire rien du tout et parfois je n’avais pas transpiré : j’avais accepté la chaleur du malaise et par cette acceptation, je crois, elle s’était évacuée sans blocage, naturellement.

Et maintenant…

Aujourd’hui, 3/4 mois plus tard je suis en plein travail sur mes traumatismes donc sur mes émotions, alors j’ai poussé plus loin dans mes exercices d’expositions sociales ce qui m’a amené à de nouveau transpirer parfois plus que la moyenne et sentir parfois plus que la moyenne également. Par expérience, j’ai vu que les traumatismes se traitent par thème et cela agit par vague, c’est-à-dire que l’on pourra avoir des thèmes qui vont provoquer des symptômes et d’autres thèmes d’autres symptômes ; aussi, il y aura des périodes d’accalmie et des périodes plus intenses. Je compare souvent ce travail, ainsi que les émotions, à un flot, au courant d’une rivière : je ne juge pas comment devrait couler la rivière, je ne juge pas comment « coulent » les émotions.

En définitive, c’est la seule amélioration de la transpiration que j’ai connu qui semble aller vers la « guérison » de ce phénomène. Je mets « guérison » entre guillemet car pour considérer qu’il y a guérison, je crois qu’il faudrait considérer qu’il y a maladie qui suggèrerait un dysfonctionnement du corps. Or, ce n’est pas ce que cette expérience m’a apprise : le corps fonctionne très bien, mais celui qui le juge peut, lui, par son jugement, amplifier un phénomène corporel qui semble le convaincre de son a priori premier.

J’ajoute pour finir que j’avais eu l’intuition que ma fatigue et mon hypothyroïdie pouvaient aussi être d’origine traumatique et que mes petites expériences pouvaient avoir eu un impact sur cette dernière. Alors j’ai demandé à mon médecin de me faire une ordonnance pour contrôler ma TSH (taux qui mesure si je suis dans les clous : pas trop en hypo, pas trop vers l’hyperthyroïdie), c’est un bilan fréquent. Et, alors qu’elle était plutôt stable après quelques tâtonnements que nous avions effectués, elle avait bougé. Il est possible que ça a eu un impact sur ma thyroïde… ou pas. On ne peut pas vraiment le savoir à l’heure qu’il est tout comme cette historie de transpiration, je préfère attendre plusieurs mois voire 1 an ou 2 pour dire si oui ou non j’ai réussi, d’une façon ou d’une autre, à traiter ce problème ou du moins confirmer qu’il est bien parti.

Concernant la fatigue, ça a eu également un impact positif – car je suis fatigué depuis presque toujours mais avec un pic vers le retour chez mes parents. J’entame le même type de travail que j’ai effectué ici pour la transpiration. Mon message est suffisamment long et cela fera l’objet sans doute d’un autre épisode.
Merci de m’avoir lu. J’espère avoir pu donner des pistes à quelques personnes. Bon courage et bonne semaine !

Pourquoi la PAL

Bonjour,

Je me suis beaucoup posé cette question vis-à-vis des livres. Je ne pense pas avoir compris pourquoi je le faisais – je dis « je » car je ne connais pas les raisons des autres – mais j’ai néanmoins quelques pistes.

La première est une question de temporalité en lien avec l’interaction sociale. On se retrouve dans une sorte de conflit de deux temporalités et deux formes de temporalités : une temporalité rapide qui est active et une temporalité lente qui est passive.

La deuxième c’est le rapport que l’on entretient avec la complétude et donc avec la mort dans son sens large, car ce qui n’est pas complet peut, d’une certaine façon, ne pas exister donc être mort de ne pas avoir vécu.

La troisième point rejoint le deuxième, car quand j’achète un livre, je n’achète pas que l’objet livre, mais j’achète une potentialité, comme si je pouvais dans un jeu vidéo ajouter une option « culture » en un clic : en somme, j’achète le « moi lecteur » qui aura lu ce livre.

C’est là qu’on en revient au premier point, c’est que le « moi lecteur » potentiel est facile à activer, c’est facile de démarrer ce potentiel, plus dur de l’entretenir, comme une personne qui se décide de se mettre au sport, qui achète plein d’affaires mais qui finalement arrête rapidement. On voudrait être ce « moi » amélioré, mais il y a soudainement un conflit entre deux temporalités.

En fait, j’avais remarqué que je voulais être celui qui avait lu ces livres, comme une projection, car je n’acceptais pas de mourir sans avoir pu faire ça ou de vivre sans l’avoir fait. Le tout tourne beaucoup autour du social et ce que je veux être vis-à-vis des autres, ce qui me rendait très difficile d’arrêter un livre, car j’avais la sensation que j’abandonnais le « moi » qui a lu ce livre que je voulais atteindre.

L’achat d’un livre recommandé c’était aussi une rencontre avec ceux qui me l’avaient recommandé. Je me disais, même sans m’en rendre compte, que ça fera un sujet de conversation. Sans lire ce livre, je me sentais exclu d’une discussion, comme si on me parlait d’une fête à laquelle je n’avais pas participé.

Mais il y a d’autres façons de rencontrer l’autres. J’étais en grande frustration de ces rencontres, c’est ce que me semblait dire ma PAL.

La bonne nouvelle, après des mois de travail intense sur moi, c’est que j’ai pu constater que refus de mourir est aussi envie de vivre. C’est là que j’ai mieux compris le conflit des deux temporalités. Je culpabilisais beaucoup de vivre la vie de façon superficielle car c’était comme une vie gâchée. Mais plus je me suis ouvert à ma joie simple d’enfant et plus j’ai accepté de ne pas attraper et de ne pas garder tout ce que je trouvais beau dans le monde.

Alors bien sûr, il y a de l’acceptation de la mort, de l’incomplétude et des rencontres qui ne se feront pas, que ce soit avec les lecteurs et les auteurs. Ce n’est pas un travail purement intellectuelle, c’est nous entièrement qui avons ce travail de deuil à faire. C’est sans doute plus profond que ça n’y parait et pour moi ça l’a été. C’est un sujet philosophique sans doute, mais surtout un sujet psy à mon sens : il y a matière à travailler là-dessus.

Quand je voyais les livres que je n’avais pas lu, et peut-être que je ne lirais jamais, c’était tous mes potentialités, tout ce que je ne saurais jamais que je voyais. Les avoir avec moi était peut-être une façon de côtoyer ces petites morts de plus près, et de fait, de m’approcher un peu de l’idée de la grande mort.

J’avais oublié un point, c’est aussi lié à ce qu’on traverse et aux émotions. Il m’arrive souvent d’acheter un livre parce que je traverse une période où j’aimerais trouver un écho à ce que je vis, ce que je ressens, mais le temps passe, les émotions bougent, la vie coule et une fois que je termine le livre que j’ai entre les mains pour arriver à celui que j’avais acheté, je ne suis « plus dedans » si je puis dire, mon émotion est partie, ma joie, ma peine, mon envie… Et le livre sur l’étagère devient alors le témoin de ce moment de vie, un témoin objet, un témoin avec une forme, palpable, jusqu’au jour où je pourrais lâcher ce livre, comme je pourrais lâcher ce souvenir, le laisser poursuivre sa vie sans le retenir.

Problème avec mon voisin – Les phrases qui me viennent

  • Je ne vais pas m’en sortir, je vais finir par péter les plombs
  • Je me sens coincé/piégé
  • Je ne connaitrais plus des moments de silence comme avant
  • Je n’ai plus MON refuge, je suis attaqué chez moi
  • Je n’ai pas de recours, je ne peux rien faire, je me sens impuissant
  • Je voudrais être respecté dans mon besoin de calme
  • Je n’ai pas envie d’entrer en conflit
  • Je ne sais pas quoi faire, j’ai peur que ça empire sans que je puisse rien y faire
  • Je n’ai pas envie que ma santé se dégrade
  • J’ai nulle part où fuir
  • Je me sens seul, abandonné
  • Je me sens à la merci de sa volonté sans que je ne puisse rien y changer

Impressions sur la solitude

La solitude est un thème important dans ma vie et sans doute dans celle des autres. La frontière entre solitude et isolement semble être une question de choix et de volonté qui nous échappe : on voudrait sortir de cette solitude, mais on ne le peut pas. La solitude subie devient isolement.

Ce que l’on trouve dans la solitude

Ce n’est pas tant la solitude qui me fait mal, car elle peut être une amie également, mais ce que j’y trouve. J’y trouve mes peurs, mes interrogations. Quelque chose qui revient souvent c’est la peur que la solitude soit comme un gouffre dans lequel je m’enfonce et que chaque jour de solitude me plonge de plus en plus dans ce gouffre duquel je ne pourrais bientôt plus sortir.

C’est transmis par l’idée que la solitude c’est mauvais, la solitude peut tuer. Alors que je n’en suis pas sûr du tout. Pour moi, ce n’est pas tant la solitude qui tue, mais l’énergie qu’on y met pour la fuir : cette énergie se retourne contre nous, car la solitude devient un objet de panique face auquel chaque jour renforce notre impuissance.

Cette énergie devient délétère.

Cela me fait penser à ce qui se passe avec mon voisin, celui qui met de la musique à longueur de journée. Le bruit que cela engendre est perçu par moi d’une certaine manière.

Appeler une connaissance

Le but c’est de l’appeler avec l’accroche « Je viens prendre des nouvelles » sans trop savoir quoi dire. Ne pas trop réfléchir, afin de voir ce qui se passe, s’habituer et voir si le scénario redouté se produit.

Il s’agit ici de la peur (entre autre) liée à l’anxiété de performance.

– Je vais appeler Florian.
– Peur : 6 à 7 sur 10.
– Pensées/croyances : je ne vais pas savoir quoi dire, il va y avoir des blancs, je vais être mal à l’aise et ça va se voir etc.

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Je l’ai fait. Ca n’a pas été facile. J’avais peur des blancs, de me retrouver dans savoir quoi dire. J’ai parlé pas mal pour combler et être sûr de ne pas avoir de vide. En plus, y’avait un décalage entre les mots et le temps qu’on les reçoive ce qui fait que je ne savais pas s’il allait parler ou s’il attendait, donc j’enchainais avant de me rendre compte qu’il avait commencé à dire quelque chose.

Enfin, en tout cas ça m’a quand même fait du bien malgré tout.

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Pensées/croyances à travailler :

– Si je ne dis rien, il ne saura pas quoi me dire.
– Laisser des blancs c’est grave -> il se passe quoi si je laisse des blancs ? Si jamais je ne sais plus quoi dire ?

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En tout cas y’a pas eu vraiment de blancs (je ne l’ai pas trop permis non plus) et je n’ai pas été si mal à l’aise que ça. La peur en appelant était de 5 à 6/10 alors que je pensais qu’elle monterait. Elle avait tendance à descendre.

La mauvaise nouvelle

Comment vous expliquer la mort ? La mort est un monde hypothétique que l’on redoute toute sa vie, mais que l’on passe la plupart du temps à éviter, parfois sans s’en rendre compte, jusqu’au jour de la rencontre.

Cette rencontre je l’ai vécu comme un choc, car c’est arrivé soudainement. Ce monde hypothétique qu’est la mort a rencontré la vie, comme deux fleuves qui se rejoignent. La nouvelle a été si violente qu’elle ne peut pas s’intégrer totalement. Le choc semble comprimer le conduit du savoir et l’information ne peut que rentrer, petit à petit, goutte après goutte.

Après cette rencontre des deux mondes, celui que je connaissais et celui de la mort, ma vie n’était plus du tout la même. Mon passé me semblait déjà lointain, j’y étais déjà nostalgique, comme s’il n’existait plus vraiment ; j’avais l’impression qu’il ne m’appartenait plus. La vie que j’ai menée était une autre vie, presque la vie de quelqu’un d’autre.

Il est rare de changer en si peu de temps. En quelques jours, je suis devenu quelqu’un d’autre. On dirait que les gens qui m’entourent me perçoivent différemment, soudain, ils semblent se rendre compte de ma valeur, ils semblent se dire « Mince, j’aurais peut-être dû… », et ce filet de regret s’évanoui au bord de leurs lèvres dans le souffle de ce qu’ils n’ont pas réussi à dire.

En vérité, je ne suis pas certain de vivre ce que je vis. Je veux dire que cette vie qu’est devenu soudainement la mienne, je ne la reconnais pas vraiment, ni elle, ni moi, ni les gens qui m’entourent. Enfin, bien sûr il y a du familier dans tout ça, ce que je veux dire c’est que c’est suffisamment différent pour que je me dise « Mais c’est peut-être qu’un rêve ?!? », en espérant alors me réveiller, car certains rêves sont proches de la réalité, mais ont malgré tout ce petit truc qui diffère qui les rend un peu à côté de la réalité. Et ce petit truc, c’est ce que je sens en ce moment, c’est pour ça que…

Je suis comme dans un tourbillon, pris entre différents sentiments : parfois j’angoisse, parfois je suis triste, parfois en colère, parfois désespéré… Je voudrais crier mais je ne sais pas quoi, je ne sais pas à qui… et je sens, au fond, que ça ne servirait à rien, alors je laisse tomber et je retourne à mon apathie.

Me débattre ne sert plus à rien. Alors je ne me débats pas. J’aimerais dire quelque chose, mais il n’y a rien à dire, il n’y a rien à faire. Déjà, j’entends les tic-tac de l’horloge et je me dis que le dernier tic-tac est pour bientôt. Peut-être que je me trompe, j’espère même me tromper, mais il y a quelque chose en moi qui croit en cette version-là, celle où ça finit mal, et bientôt. Alors, je regarde l’horloge et je me dis « Bientôt.., très bientôt ! ».

La vie est cruelle, c’est vrai, mais elle est aussi très belle. Pourquoi faut-il que je m’en rende compte maintenant ?

Homme Myriam – Merci ! – Pour ne pas oublier

Elle dessinait des sourires d’un coup de crayon habile. Elle avait dessiné en couleurs des chemins d’espoir sur lesquels j’allais me perdre quand j’en avais besoin. Elle ajoutait des couleurs dans les vies ternes. Elle avait le génie de la création, capable de nous peindre les concepts abstraits de la bonne humeur, de la joie de vivre et de la bienveillance.

J’ai cru comprendre que tu aimais ma plume. Merci de me l’avoir empruntée, pendant le temps trop court où je t’ai connu, afin de la tremper dans ta palette colorée. Contrairement à toi, je ne sais pas dessiner, je ne sais qu’écrire. J’ajouterai ces nouvelles couleurs dans mes textes, en espérant qu’ils réveillent eux aussi, les traits d’humanité que tu auras su révéler chez les autres.

Merci d’avoir été toi, merci pour ce que tu as apporté au monde et merci pour ce que tu as apporté à mon petit monde et à ma vie par ta seule présence. J’en avais tant besoin !